Entraînement mental et sport

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L’entraînement mental permet d’utiliser consciemment les pensées et les sentiments de manière à atteindre un état de performance optimal. Il devrait faire partie de l’entraînement au même titre que l’entraînement physique.

Dans le sport professionnel, le préparateur mental a depuis longtemps une place permanente aux côtés de l’entraîneur et du nutritionniste. Dans le sport amateur, en revanche, l’entraînement mental n’a lieu que de manière sporadique. Et généralement seulement lorsque des problèmes surviennent. Cela signifie qu’un grand potentiel reste inexploité. Chaque séance d’entraînement et chaque compétition sont influencées par des pensées et des sentiments. Souvent, cependant, cela se fait de manière inconsciente – et cela peut diminuer les performances. L’entraînement mental permet d’atteindre et de maintenir un état de performance idéal.

Le cycle « Deming » ou « Entraînement mental sportif » développé à l’Institut d’entraînement mental de Heidelberg comprend quatre phases :

La première phase consiste à définir ses propres valeurs et à se fixer des objectifs : Qu’est-ce que je représente ? Qu’est-ce qui est important pour moi ? Qu’est-ce que je veux réaliser : m’amuser, trouver la paix intérieure, être reconnu, trouver un parrain qui me soutient… ?

Si plusieurs objectifs sont importants, il est important de définir une « hiérarchie des valeurs », car essayer de tout réaliser en même temps est utopique. L’objectif doit être formulé de manière positive et aussi concrète que possible, par exemple : « Je veux réaliser mon meilleur temps pendant la course ».

Quelles sont les caractéristiques exceptionnelles de chaque athlète ? La deuxième phase, qui consiste à analyser ses propres forces, consiste à répondre à cette question. Quelle caractéristique est la plus forte ? Quel est la numéro deux, trois, quatre, … ?
L’entraînement mental doit renforcer ses propres points forts. Cela implique de revoir et d’améliorer mentalement les séquences de mouvements et d’apprendre à ne pas se laisser distraire. Seuls ceux qui peuvent se concentrer pleinement sur la situation actuelle seront en mesure d’utiliser pleinement leurs forces.

La pratique de la pleine conscience peut aider à rester mentalement dans le « ici et maintenant ». Les entraves sont des pensées qui s’égarent dans le passé ou le futur, telles que « j’aurais dû m’imposer un rythme plus soutenu au début » ou « je ne pourrai jamais rattraper mon retard ».

Les stratégies d’auto-motivation permettent d’utiliser ses propres forces au moment opportun. Qu’est-ce qui éveille le sentiment et les idées nécessaires dans la situation respective pour obtenir le maximum possible ? Quels sont vos propres rituels, images intérieures ou expériences qui vous stimulent et vous renforcent ? Par exemple, laissez vos expériences passer en revue : dans quelles situations avez-vous particulièrement bien réussi ? Quelle a été la situation parfaite pendant une course où tout s’est bien passé ? Quel geste ou quelle musique, quel objet ou quelle odeur est lié à ce souvenir ? Cela pourrait être une clé pour l’entraînement mental.

Par exemple, un sprinter qui doit courir de manière explosive au départ pourrait se motiver à l’aide de hard rock. Ou bien on s’instruit intérieurement : « Je peux le faire ! » et on imagine un poing serré. Un tel geste, l’auto-hypnose, les exercices de relaxation… il existe des centaines de possibilités.
Au début, ces processus sont « seulement » mentaux. Toutefois, tout le potentiel ne peut être exploité que si vous les « ressentez » également sur le plan émotionnel et physique.

La troisième phase de l’entraînement mental sert à surmonter et à prévenir les blocages intérieurs. Supposons qu’un joueur de tennis classé au 70e rang mondial se rende en finale de Wimbledon. S’il pense : « Je ne peux que perdre contre ce fameux joueur de haut niveau. Les yeux de tout le monde sportif sont sur moi. Ne rate pas la balle ! » – alors le match est déjà décidé. Ce joueur va probablement perdre, car que le cerveau humain ne fait pas la distinction entre les idées qui ne doivent pas se produire et celles qui sont souhaitées. C’est comme ne pas penser à un éléphant bleu. Il est assez difficile de ne pas imaginer un éléphant dans le processus.

Les athlètes qui veulent être particulièrement performants se retrouvent souvent dans la « zone de sur-motivation » : ils ratent des balles, perdent leur concentration et gaspillent leur énergie.
Cependant, l’état de performance idéal est atteint lorsqu’un athlète ne ressent ni pression ni stress ou – à l’inverse – de l’ennui et trop de détente (zone de sous-motivation). L’entraînement mental permet de développer des contre-mesures efficaces contre les deux.
Par exemple, le joueur de tennis pourrait penser : « Je vais leur montrer ! » Il a acquis une saine confiance en lui et une grande force mentale, joue méticuleusement ses meilleures techniques de frappe dans sa tête et visualise avec tous les détails le déroulement d’un match au cours duquel il joue à fond et gagne.

Enfin, la quatrième phase est le contrôle de la réussite : qu’est-ce qui a réussi ? Où y a-t-il encore un problème ? L’entraînement mental peut-il être maintenu comme ça ?

Conseils :

  • L’entraînement mental a besoin de pratique. Tout comme l’entraînement d’endurance, de force et de souplesse, il doit être intégré à chaque cycle d’entraînement.
  • Il est préférable de se faire guider par un préparateur mental au début.
  • Les rituels ou les images intérieures doivent être adaptés à la personne et à l’objectif qu’on vise.
  • Ne pensez pas en termes de problèmes, mais concentrez-vous sur la solution.

 

Auteur : Dr. med. Günther Effinger, spécialiste FMH en chirurgie orthopédique et traumatologie, FMH int. médecine du sport, ostéologue DVO, sonographie (SGUM), médecine manuelle (SAMM), thérapie de la douleur (SSIPM), Chef de la Medbase Basel Heuwaage

 

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